En Marche : la fin de l’imposture ?

RTL titre ce jour sur la mort cérébrale du mouvement LaREM. Rares sont les infos politiques qui m’apportent un tel plaisir ces derniers temps.

Troupeau de chèvres

Rappelons-nous d’abord des circonstances rocambolesques de l’élection présidentielle ; un sortant dans l’incapacité de se présenter, un candidat socialiste pas à la hauteur et trahi dans tous les sens, une gauche encore une fois en proie à ses turpitudes, et en face un grand favori (Fillon) dont on découvrait chaque jour l’amour immodéré pour l’argent public et des costumes gratuits.

Il n’est resté comme choix au second tour, face à l’extrême-droite, qu’un jeune premier, banquier de son état, arrivé là par pur opportunisme et sans parti.

À la législative qui a suivi, n’importe quelle chèvre, pour peu qu’elle soit marquée des initiales magiques, pouvait être élue à la députation. C’est ainsi qu’on retrouve dans les rangs de l’Assemblée nombre de novices en politique, dont le casting a été mené tambour battant, et pour certains peu recommandables.

Ainsi, on trouvera donc dans les rangs des marcheurs un député condamné aux prud’hommes pour harcèlement sexuel, un autre en attente de son jugement pour violences avec arme par destination, et encore un dont on ne peut que souhaiter que l’immunité parlementaire soit levée… ce ne sont là que quelques exemples, le palmarès ne s’arrête pas là.

Inexistence locale

Un autre problème pour ce mouvement est l’absence d’implantation locale, découlant du choix précédent : les néo-élus ont totalement manqué leur implantation dans les territoires, et se sont retrouvés largués lors des dernières municipales. Au point même que le parti soi-disant majoritaire a dû renoncer à présenter certaines candidatures, craignant des défaites plus mémorables encore. Même des ministres (ou ancien·ne·s ministres) s’y sont cassés les dents, montrant par là-mème le caractère totalement artificiel de ce mouvement.

D’ailleurs, les élections régionales et départementales qui se préparent devraient donner peu ou prou les mêmes résultats. En Île-de-France, un ministre parmi les plus populaires renonce à briguer les suffrages des électeurs, évitant ainsi une humiliation supplémentaire pour le parti présidentiel.

Ni de droite, ni de gauche

Cet adage nous a été servi et resservi jusqu’à l’excès, et illustre finalement bien l’absence totale de corpus idéologique de ce mouvement. Ses ministres les plus populaires n’en sont pas issus, ils viennent pour leur majorité de l’ancien monde, un peu de la vieille droite conservatrice et un peu du social-libéralisme qui se prétendait de gauche. On voit bien que cet attelage bancal ne fait que naviguer à vue.

Ses réformes sont massivement contestées par la population, qui n’a eu de cesse de défiler dans les rues depuis 2017. Réforme de l’assurance-chômage puis des retraites ont mobilisé en masse contre elles, et le mouvement des Gilets Jaunes a clairement montré une fracture entre le peuple et celles et ceux qui prétendent gouverner.

Enfin, la crise sanitaire actuelle est gérée de telle façon que personne ne sait exactement les objectifs des mesures prises, le Gouvernement se contentant d’essayer de contenir l’épidémie, sans stratégie claire pour la combattre efficacement. Écrasés par leur dogmatisme libéral, ils espéraient que le marché trouverait une solution par lui-même … or le marché n’a trouvé que le moyen d’augmenter encore ses profits, au détriment de celles et ceux qui devront en assumer les conséquences.

Finalement, la seule réussite d’En Marche sera d’avoir fait marcher les Français·e·s … contre eux !

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