De la surchauffe des esprits

On a tous constaté que la tension est vive ces dernières semaines dans la classe politique. Les élections régionales qui ont valeur de test grandeur nature pour certains, l’approche d’une campagne présidentielle qui promet d’être houleuse, une société qui sort épuisée moralement des restrictions imposées par la crise sanitaire … on ne peut qu’être inquiets devant la tournure des évènements. Retour sur une semaine houleuse.

Jean-Luc Trump ?

Le député insoumis a clairement vrillé sur le plateau de France Info, en prédisant pour les dernières semaines de la campagne présidentielle un attentat ou un fait divers grave, déclarant « Tout cela est écrit d’avance ». D’après lui, cela permettrait de mettre en avant le besoin de renforcer la sécurité, thème cher à la droite et à l’extrême-droite, et donc de l’affaiblir. Pire , il ajoute que tout cela serait fait pour stigmatiser les musulmans .

Après ses coups de sang devenus légendaires (« La République, c’est moi »), je crois qu’on l’a quand même sacrément perdu. J’aurais pu éventuellement voter pour le Mélenchon de 2017, même si je reste en désaccord profond avec certaines de ses positions, notamment sur l’Europe, mais en toute honnêteté, je ne me vois pas voter pour ce qu’il est en train de devenir.

Le « philosophe » devenu facho

À force de trainer sur les plateaux de télé, et écouter Zemmour vomir ses conneries, le philosophe Raphaël Enthoven est en train de devenir complètement con (où alors il le cachait bien jusqu’à maintenant). S’offusquant d’être mis à l’index par mes copines féministes pour avoir débattu de féminisme entre couilles, il n’a rien trouvé de mieux que d’envoyer des hordes de fans (à peu près tout aussi décérébrés que lui) les emmerder sur les réseaux sociaux.

Et le voilà maintenant, tout tranquille, déclarer qu’au second tout d’une présidentielle, il pourrait tout à fait voter pour la candidate d’extrême-droite. Après un (trop) long thread de circonvolutions vaseuses, voilà que l’ex de Carla rejoint le camp des collabos, de ceux pour qui les chambres à gaz ne sont qu’un détail… bref vous connaissez le pedigree. Ça prouve au moins une chose : quel que soit le côté de la caméra duquel on est, l’abus de CNEWS rend con.

La baffe présidentielle

Mardi dernier, à l’occasion d’un déplacement dans la Drôme, le Président de la République a été agressé par un quidam qui lui a mis une gifle. Oui, vous lisez comme moi, le Président de la République a été giflé. On peut penser ce qu’on veut d’Emmanuel Macron, de sa politique, de son attitude qui peut être jugée arrogante et irrespectueuse (je ne m’en prive pas, tellement le personnage incarne tout ce qui m’insupporte).

Mais là on parle d’une agression physique sur le plus haut personnage de l’État, garant de nos institutions, qui représente notre pays partout dans le monde. On n’agresse pas ni le Président, ni personne d’ailleurs. C’est cruel, violent et particulièrement stupide. Le quidam en question a été maitrisé, et incarcéré derechef (il va passer l’été à l’ombre ça lui remettra la tête fraîche), et ça n’apporte rien au débat, si ce n’est encore un peu plus de violence et d’agressivité. Au final, l’enquête a montré que ce quidam, inconnu des services de justice, suivait des pages et des groupes propageant des idées d’extrême-droite sur les réseaux sociaux… encore un qui s’est fait manger le cerveau par les fachos.

La gangrène

Ce qui est inquiétant, c’est que la bi-polarisation entre les néo-libéraux et l’extrême-droite a finalement fonctionné, mais avec une montée inouïe de la violence dans notre classe politique. La gauche et la droite traditionnelle ont été annihilées par leurs extrêmes, et l’arbitre qu’est censé incarner la majorité au pouvoir souffle sur les braises, alimentant ainsi le climat de tension actuel, pour espérer en retirer les profits à terme.

C’est là un jeu particulièrement dangereux, voire criminel pour notre pays. Toute cette violence ne peut qu’empirer et nous conduire vers une situation chaotique et meurtrière, dont profiteront à terme les extrêmes de tout bord. Il devient urgent que l’ensemble de la classe politique modérée se mobilise massivement pour mettre un terme à ces dérives, et autrement que par des marches, qui même si elles sont nécessaires, restent à mon sens insuffisantes.

Faute de quoi, nous serons responsables devant nos enfants et devant l’Histoire…

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