Alors que nous nous préparons à fêter achever notre première année de restrictions sanitaires, tout semble indiquer que nous sommes revenus peu ou prou au même niveau d’impréparation que l’an dernier (l’incrédulité en moins).

Confinera ? Confinera pas?

Le Président – présenté comme un grand épidémiologiste par ses troupes – semble hésiter à reconfiner l’Île-de-France. Pensez donc, c’est pas le ch’Nord où il ne se passe rien de toute façon, ou la Côte d’Azur et ses touristes qui ont désertés. L’Île-de-France, c’est un territoire où les gens travaillent, vivent dans de tout-petits appartements (c’est vrai que mon 38m2 est un palace), et un confinement -ne serait-ce que le week-end – serait tellement dur à supporter.

Alors du coup, les autorités prévoient des transferts de malades à grande échelle vers la province. Après tout, les bouseux ne sont pas (encore) tous malades, réservons des places dont on pourrait avoir rapidement besoin pour soigner les bobos et banlieusards touchés par le virus. Ce ne sera pas grave de stocker les vieux de province dans les couloirs de leurs hôpitaux, parce que les chambres les plus confortables seront prises par des vieux beaux venus faire leur coma depuis la Capitale…

Le confinement est considéré comme un dernier recours. Certes, la mesure est difficile, contraignante et coûteuse. Mais il apparaît évident à n’importe qui que, plus tard il sera décidé, plus long il sera, et plus lointaine encore sera la sortie de crise. Gouverner, c’est prévoir, disait Thiers en son temps. À croire que notre Jupitérien Leader a oublié ses cours d’Histoire à la maison.

Le prix des retards

En ce beau printemps qui s’annonce, nous payons le prix fort des retards à l ‘allumage qui se succèdent depuis un an. Masques et tests sont arrivés bien tard, et on remet ça pour les vaccins. Alors que les Européen.nes se targuaient de la qualité de leur système de santé et des vertus de la coopération, voilà que l’Amérique de Joe Biden a rattrapé son retard, et se prépare à avoir vacciné la quasi intégralité de sa population en mai. Oui oui, de cette année !

La Grande-Bretagne, pareillement décriée il y a un an, a quasiment réussi le même exploit : la campagne vaccinale y est très en avance par rapport à l’Europe, et, avec des règles strictes de confinement appliquée au cœur de l’hiver, envisage désormais une sortie de crise à court terme, là ou l’Europe continentale s’enfonce à nouveau. Tout ça parce que nos chers dirigeants européens ont mégoté sur les commandes de vaccin, espérant négocier un meilleur prix.

Pourtant, nous avons déjà connu une situation similaire, dès l’automne dernier. Devant la poussée de la seconde vague, le M. Déconfinement devenu Premier Ministre avait dû se résoudre à reconfiner le pays, afin de faire reculer la circulation du virus et permettre de relâcher la pression avant les fêtes de fin d’année. Et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement cette fois-ci.

Alors un confinement, c’est long, c’est coûteux pour l’économie et ça pèse sur le moral des Français.es. Tous ces arguments sont parfaitement audibles. Mais devant la poussée inexorable de l’épidémie, la pression mise sur le système hospitalier, les retards pris sur la vaccination, nous n’avons pas d’autre choix – en espérant juste que ça soit la dernière fois.

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