Soyons honnêtes : la gauche a déjà perdu la prochaine présidentielle. Ses idées n’impriment pas, ses candidat·e·s sont incapables d’exister dans le débat, et, sorti des appareils, on croise peu de personnes qui jugent l’élection d’un·e Président·e de gauche réaliste.

Les bénis oui-oui !

Pour autant, les réseaux sociaux regorgent de tweets nous expliquant qu’il faut voter Anne Hidalgo (parce que c’est une femme – c’est pour le moment le seul argument que j’entends), que Fabien Roussel est le candidat de la justice sociale, que Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat de la vraie gauche, que la Remontada d’Arnaud Montebourg saura rassembler ou que Yannick Jadot va bouter Emmanuel Macron hors de l’Élysée.

Alors c’est bien joli, bien gentil, mais en l’état, je ne sais franchement pas pour qui voter, et encore moins pourquoi ? Pour l’instant, aucun·e de ces candidat·e·s n’est capable d’expliquer clairement ce que changerait une éventuelle élection dans la vie de nos concitoyen·ne·s, en quoi iels seraient en capacité d’influer sur le quotidien des Français·e·s !

Ceci dit, la gauche ne peut s’en prendre qu’à elle-même. Menacée par la montée des populismes, incapable de s’unir ou de se parler sans s’invectiver, elle n’a rien fait d’autre que de montrer à quel point elle pouvait se montrer ridicule, perdue dans ses manigances politico-politiciennes et s’éloignant complètement du monde réel. L’enthousiasme aveugle de certain·e·s militant·e·s m’étonnera toujours…

Ils ne voient pas le problème !!!

Alors bien sûr, la gauche, dans son ensemble, s’insurge contre les inégalités, contre le racisme, le sexisme, et toute forme de discriminations. Elle manifeste, la bouche en cœur, auprès des féministes, des homosexuel·le·s, des victimes des injustices… Elle s’apitoie sur le sort des victimes du libéralisme, qui voient leur usine fermer, leurs conditions de travail se dégrader, leur pouvoir d’achat baisser, mais sans proposer de réelle solution, parce qu’elle n’en a pas !

Et, pour dire les choses clairement, la gauche acte son impuissance face à un système économique générateur d’inégalités de plus en plus criantes, proposant d’agir à la marge pour corriger les plus flagrantes, sans être désormais capable d’inverser le système de valeurs qu’on nous impose, qui place l’enjeu économique en tête des priorités. En clair, elle a oublié que l’économie est un service rendu à l’humain, et accepte le dogme libéral qui met l’humain au service de l’économie.

Ego trip

Après 2 ans de pandémie qui ont laissé exsangues beaucoup de nos concitoyen·ne·s et renforcé les inégalités, et alors que la menace climatique se fait chaque jour de plus en plus oppressante, on ne peut qu’admirer la formidable capacité de nos leaders à ne pas s’entendre, à laisser passer leurs égos avant les interêts de toute une population, et à acter d’avance la défaite de ses idées pour 5 ans de plus.

Encore une fois, on constate une réelle unanimité chez les têtes d’affiche pour dire qu’ils sont les meilleurs, les seuls capables de rassembler derrière eux, laissant leur électorat dans un grand désarroi. Lequel ou laquelle sera le/la mieux placé·e, lequel ou laquelle faut-il suivre, soutenir pour espérer une victoire. C’est comme se trouver à choisir la file la plus rapide au péage … avec le risque de se retrouver bloqué. Sauf qu’on parle ici du destin d’une nation, et des choix politiques des 5 années à venir.

C’est comme s’iels avaient tous acté, que foutu pour foutu, autant se compter, savoir quelle cabine téléphonique est la plus grande, celle qui dominera les autres pendant les 5 années à venir… et tant pis pour celles et ceux qui paieront les pots cassés de 5 ans de libéralisme (ou pire !)

Il ne s’agira pas, le 10 avril prochain, de s’étonner des faibles scores réalisés par une multitude de candidat·e·s, et d’appeler, la bouche en cœur encore une fois, à faire barrage. Parce que les castors en ont plein le dos de payer la note de leurs inconséquences…

1 commentaire pour “Pourquoi la gauche a déjà perdu la présidentielle”

  1. mais mais sinon toi ça va quand même ? par ce que tout ça doit vous secouer vous les militants surtout la bas au pays des chiottises. Et sinon non ce n’est pas du libéralisme qu’on vit hein ^^^. mais c’est pas grave. par contre j’ai vu un IEL (et du coup j’éternues en lisant, je suis allergique à ces trucs) qui explique que vos têtes pensantes socialistes pensent à une cabine téléphonique : leur principal problème c’est que le gros salaire (cf ce que la copine Elodie avait raconté) du poste de gestionnaire d’un bout de la cabine téléphonique ne pourra plus être payé par de nouvelles dettes : ils vont se retrouver fort dépourvu, et seront peut-être enfin punis pour leur réussite…

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