Alors que les candidatures à gauche sont toujours plus nombreuses, voilà qu’il vient encore s’en rajouter une, celle de Christiane Taubira.

La candidature de trop ?

Notez que j’ai de l’estime pour la personne : lors des débats pour l’adoption du Mariage pour Tous, elle a su tenir fermement le cap. La loi a été adoptée et ne fait plus vraiment controverse près de 10 ans après. Elle a aussi su se désolidariser d’un gouvernement dans lequel elle ne se reconnaissait plus. On ne peut pas nier la constance de ses idées, et sa fidélité à celles-ci.

Mais avait-on vraiment besoin d’une candidature supplémentaire ? Les prétendant·e·s déclaré·e·s semblent determiné·e·s à aller au bout (à part Arnaud Montebourg ?), et la gauche semble toujours aussi balkanisée, au grand dam de ses électrices et électeurs. De plus, je ne suis pas persuadé que les propositions qu’elle défendra varient beaucoup des grandes lignes déjà portées par les autres candidats de la gauche et de l’écologie.

L’échec de la Primaire Populaire ?

La Primaire Populaire, pourtant, était porteuse de promesses. Déjà par son mode de désignation. Il ne s’agissait pas de voter pour un·e candidat·e, mais de proposer un scrutin au jugement majoritaire. C’est-à-dire d’évaluer les prétendant·e·s selon des critères objectifs, le/la mieux “noté·e“ remportant le soutien de la plateforme et des électeurs.

Mais les états-majors des partis, arc-boutés sur leurs certitudes, ont choisi de rejeter d’emblée une idée qui ne venait pas d’eux. On sait donc pertinemment quels “éléments de langage“ ils emploieront pour en rejeter le résultat, quel qu’il soit. Il faut les comprendre, chacun souhaite préserver son pré carré, et si possible écraser le copain d’à côté au cas où.

“Finir devant le PS“, c’est tout ce qui intéresse Julien Bayou

Quel avenir pour la gauche ?

Honnêtement, en l’état, je ne vois pas comment la gauche et l’écologie pourront survivre à cela. L’immense majorité des électrices et électeurs commence à faire savoir son dégoût devant de telles pratiques. Les scores attendus par les différent·e·s candidat·e·s sont de toute façon assez faible, et au vu de l’abstention historique qui s’annonce pour cette élection, on ne pourra que constater la disparition de la gauche dans le paysage politique.

Sachant qu’aucun des conflits d’égo ne sera résolu après cette séquence électorale, je ne vois aucune piste se dégager pour reconstruire. Les écolos, convaincus que leur score leur donnera une certaine hégémonie, persisteront à vouloir tuer le reste, on sait aussi d’emblée que les Insoumis continueront à rendre responsables le reste du monde de leur défaite. Il ne restera plus qu’au peuple de gauche que ses yeux pour pleurer !!!

La cérémonie d’adieu se tiendra le 10 avril prochain, après une lente et douloureuse agonie. Amen !

3 commentaires sur “Taubira : Le calice jusqu’à la lie”

  1. J’ai admiré la dame pour certains de ces combats (et pour sa capacité à faire des discours sans note) mais je n’ai pas d’estime : elle n’a pas de fond politique et ne comprends rien à la chose électorale…

    1. Je constate surtout que les déclarations, les attitudes des uns et des autres laissent paraître qu’ils ont déjà accepté l’inéluctabilité de la défaite. Et que visiblement, ils n’en ont rien à faire des conséquences que ça aura sur les 5 années à venir pour les services publics et la vie des citoyens. Ils se disent au fond d’eux qu’ils retenteront leur chance en 2027, et se retrouveront acculés comme François Hollande a pu l’être au début de son mandat, consacré à réparer les dégâts causés par la droite.
      Aucun n’est prêt à lâcher le morceau … et ces batailles de lancer de melon commencent à sérieusement lasser les électeurs

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