Vu du bas de l’échelle …

Hier soir, ma camarade Élodie Jauneau était invitée d’honneur de Vincent Cespédès pour une émission sur le thème « Quelle France d’après? » (à revoir sur YouTube).

Parmi les thèmes abordés dans cette émission (et une fois passée ma joie d’avoir Élodie dans mon poste de télévision), certains thèmes abordés ont réveillé mes neurones.

De la légitimité d’agir…

Bien évidemment la question de l’égalité entre les femmes et les hommes a été mise sur la table, et le débat a porté sur la légitimité des un.es ou des autres à agir. Élodie, à juste titre, nous disait que souvent les femmes ne se sentent pas légitimes à mettre leurs positions en avant, parce que très souvent elles doutent. A contrario, une grande majorité d’hommes agissent, souvent sans trop se poser de questions, même s’ils n’ont pas la « légitimité » pour se faire (d’ailleurs souvent ce sont leurs subordonnés et surtout leurs subordonéEs qui se tapent le sale boulot et eux qui en retirent la gloire).

Pour ma part, je ne me sens pas plus ou moins légitime qu’un ou qu’une autre. Ceci étant, je regrette parfois que certains agissent trop et d’autres pas assez. Nous avons toutes et tous la légitimité d’agir si nous croyons à ce que nous portons. Et ce qui que nous soyons.

Alors vous me répondrez que c’est facile pour moi de tenir ce propos. Je suis un homme, blanc, avec un nom bien français, sans aucune consonance religieuse et/ou ethnique. Et pourtant j’ai de quoi douter : mes études se sont arrêtées au bac, je suis employé dans une grande boîte, avec un salaire qui couvre juste le coût de la vie… bref le profil idéal de l’invisible. Pourtant j’agis. Je milite, j’interpelle, je propose. Je ne me sens pas moins légitime qu’un.e chef à plumes (pardon Élodie pour le plagiat, j’adore cette expression), ni qu’un.e de ces grand.es intellectuel.les qui imaginent comment doivent travailler les gens sans jamais avoir mis les pieds dans une usine, sur un chantier ou dans un magasin. Et à mes yeux, personne n’est illégitime, parce que tout le monde a une expérience, une histoire de vie dont il/elle a tiré des leçons et des convictions, et c’est cet ensemble d’expériences qui soudent une pensée collective.

Et j’en viens à mon second thème :

De la verticalité…

Notre République, comme nos organisations sociétales (entreprises, syndicats, formations politiques) fonctionnent aujourd’hui de manière exclusivement verticales, et dans un seul sens : du sommet vers la base. Les chefs décident, et la base doit suivre. Cela sous-entend que celles et ceux qui sont en bas de l’échelle ne sont pas légitimes à agir, à proposer, à réfléchir.

Un exemple simple et concret : le PS, depuis le début de la crise, auditionne des responsables politiques, syndicaux, des intellectuels de tous bords … mais pas ses propres militant.es. Or ceux/celles-ci connaissent le terrain, la vraie vie, ce sont encore ceux/celles aujourd’hui qui en sont le plus proches. Ils/Elles sont tout autant légitimes, que ce soit pour éclairer les points de vue des responsables, ou bien pour proposer de nouvelles solutions. Mais aujourd’hui ils ne sont que trop peu écoutés.

L’État agit pareillement en imposant des textes non-concertés, pondus par des technocrates, et s’étonne après de l’ampleur des contestations dans la rue. L’étincelle qui a « allumé » le mouvement des Gilets Jaunes reste une mesure qui pouvait paraître à l’origine de bon sens : augmenter les taxes sur les carburants fossiles pour inciter les gens à se convertir aux énergies renouvelables. Mais en aucun cas, les responsables à l’origine de cette idée ne se sont posés la question des conséquences sur la vie quotidienne des gens. L’idée même que cette mesure était pénalisante pour des millions de personnes ne les a pas même effleurés. Le même raisonnement s’applique aux différentes réformes de ces dernières années, y compris celles menées lors du quinquennat précédent.

Pour conclure (je sais c’est un peu longuet)

A mes yeux, la France d’après passe par une remise en question de son fonctionnement. En 2007, Ségolène Royal « inventait » la démocratie participative. C’est probablement cette idée qui a conduit à l’engouement de sa candidature à l’époque (et une de celles qui m’avait le plus séduit)., mais elle semble aujourd’hui perdue dans les limbes de l’histoire politique.

Le principal reproche fait au personnel politique de ce pays est la « déconnexion » avec le monde réel. Ces modes de fonctionnement ne font que l’amplifier de jour en jour. Nous avons aujourd’hui les moyens techniques de pouvoir faire participer toutes celles et ceux qui le souhaitent à la vie démocratique. Usons-en, abusons-en. Je crois très sincèrement que c’est le moyen aujourd’hui de rendre aux Français.es ce qui leur est dû : la foi en la démocratie.

La tête à claques du jour

J’aurais pas dit mieux..

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