Après le « comique » Jean-Marie Bigard (je te laisse, chère lectrice, cher lecteur, seul(e) juge de son talent en la matière), voilà une nouvelle candidature déclarée à la prochaine élection présidentielle :

Twitter recèle de perles

Comme précédemment, je ne porterai pas de jugement sur les talents artistiques de la concernée, mais si son nom ne vous évoque rien, c’est normal 😉

Cependant, si les règles de la démocratie permettent à toutes et tous de porter sa candidature, ce florilège de candidats « issus de la communauté artistique » démontrent clairement que la fonction présidentielle, et au-delà la crédibilité des politiques, est sacrément galvaudée dans notre pays.

Peoplitique

Depuis toujours, nos hommes politiques (de droite comme de gauche) ont cherché l’appui populaire et l’amitié des stars du show-biz (on se rappellera la mémorable scène de Johnny chantant On a tous quelque chose de Jacques Chirac).

En 2007, tout s’accélère. Dès son élection, le président Sarkozy passe la soirée au Fouquet’s, entouré de ses amis politiques (Balkany, Dati, etc), de certains parmi les plus grands dirigeants d’entreprises français (Bouygues, Bolloré, Pinault) … et d’une jolie brochette de peoples plus habitués des unes de Voici que du Figaro (Clavier, Réno, Hallyday…). On se rappellera aussi des photos prises sur le yacht de Bolloré, des déboires avec Cécilia, puis le mariage avec Carla Bruni : les politiques sont devenus des peoples.

En 2012, l’élection du Président normal pouvait laisser espérer à un retour à la raison. Même pas : les croissants livrés en scooter à Julie Gayet par le Président himself, puis le « livre » vengeur de son ex (qui aurait pu être publié aux éditions Harlequin) nous renvoie à une peoplisation du politique. Après tout, ce sont des gens connus donc leur vie privée appartient à tous les Français (puis faut bien remplir les pages de révélations-chocs … ça fait vendre).

J’ai pris pour exemple les présidents de la République, mais à tous les niveaux, la vie politique est désormais émaillée de rumeurs de coucheries, d’affaires plus ou moins graveleuses (on se rappellera que la candidature de Griveax est tombée pour une sombre histoire de revenge porn). Je n’évoque pas ici les histoires de harcèlement sexuel, qui elles sont punies par la loi.

On peut aussi évoquer le cas de Donald Trump, ex-star de la télé-réalité devenu Président des USA (on pourrait me rétorquer que c’est aussi un businessman mais ses affaires ne sont pas aussi florissantes que le bling-bling de ses hôtels). Où celui de Jean-Luc Mélenchon qui ne cherche à exister que par ses coups d’éclat et ses coups de gueule, manipulant l’art du buzz avec – il faut le reconnaître – une certaine habileté. Mais le buzz est éphémère et ne fait pas une politique.

Est-ce bien raisonnable ?

Évidemment que non ! D’abord parce que tout homme ou femme, fût-il/elle responsable politique, a droit au respect de sa vie privée. La chose politique exige de la part de celui ou celle qui l’exerce un haut niveau de responsabilité et d’exigence, qui nécessite un temps de décompression nécessaire. Vous me répondrez qu’on a le droit de savoir. Je crois pour ma part que c’est à chacun d’être en accord avec sa morale, et pour revenir sur l’affaire du yacht de Sarkozy, si cela a choqué les Français, ça n’avait rien d’inattendu connaissant le personnage, et il suffisait de voter pour un autre candidat pour éviter cela.

Nombre d’études d’opinions nous disent que les Français n’ont plus confiance en leurs dirigeants. Je crois que la peoplisation participe à cette perte de crédibilité, parce qu’elle expose des travers qui n’était auparavant pas connus de tous, si ce n’est de quelques initiés (Mitterrand a réussi à cacher l’existence de sa fille pendant près de deux décennies, et cette révélation finale n’a guère porté préjudice à sa réputation). Comment faire confiance à celui ou celle qui nous dirige alors même qu’il/elle mène une vie dissolue en dehors du cadre ?

Mais finalement, est-ce que cela nous regarde ? Pour moi c’est non. Chacun est libre de mener sa vie personnelle comme il l’entend. Nous devons juger et sanctionner nos politiques sur les décisions qu’ils prennnent, sur les choix qu’ils font pour le pays ou la collectivité qu’ils dirigent, sur leurs orientations politiques.. pas sur leur vie privée ou leurs mœurs. Il existe des lois, tant qu’elles sont respectées, le reste n’a pas à être jeté à la vindicte populaire. La politique, quoi qu’on en pense, est une chose sérieuse, parce qu’elle peut décider du destin des populations, et elle doit être traitée avec sérieux.

Ça nous évitera que des saltimbanques aient envie de s’en mêler… qu’ils fassent leur métier de divertissement, ça évitera aux politiques de le faire.

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