Depuis quelques années, nous sommes devenus des « abonné.es ». La presse, les logiciels, la télévision, la musique… tout passe par des abonnements, souvent alléchants au début, et qui deviennent vite une prison.

Petite plongée dans la jungle des numéros d’abonnés.

Streaming musical et vidéo

Probablement une des plus belles réussites d’Internet ces dernières années. Alors qu’il y a peu, on s’échangeait sous le manteau les clés USB, les liens de torrent et autres joyeusetés pour remplir nos disques durs, nos iPod de gigaoctets de fichiers mal nommés et de qualité discutable, les Spotify, Netflix et consorts ont considérablement bouleversé le paysage.

J’avoue, j’aurais aujourd’hui énormément de mal à me passer de mon abonnement musical. J’ai référencé mes playlists, les suggestions régulières qui me sont faites par l’algorithme me conviennent, c’est hyper simple et accessible, il y a même maintenant des podcasts… bref tout pour contenter mes oreilles, et dans une qualité suffisamment correcte pour ne pas les écorcher.

Idem pour la vidéo… fini de courir au vidéoclub pour ramener le DVD a moitié rayé, ou la VHS pas rembobinée (oui j’ai connu cette époque aussi). En 3 clics sur la télécommande, me voilà calé devant la dernière série à la mode, en HD (voire en 4K), avec un confort inimaginable il y quelques années, et un choix pléthorique … au point de ne plus savoir quoi regarder.

Abonnements logiciels

Du coup, inspirés par cette réussite, les éditeurs de logiciels s’y sont mis. T’as besoin de la suite Office ? Abonnement. Tu veux retoucher tes images ou créer des contenus graphiques avec Adobe ? Abonnement. Tu veux un gestionnaire de mots de passes, ces précieux sésames qui te permettent d’accéder à tes autres abonnements ? Abonnement aussi ! Même le logiciel avec lequel j’écris ce texte est disponible par abonnement.

C’est intéressant pour le développeur, il s’assure ainsi un revenu régulier. Ça l’est aussi pour le consommateur, qui bénéficie des dernières mises à jour, des nouvelles fonctionnalités de façon régulière. En général ce sont des petites sommes, ça ne se voit pas forcément sur le relevé de compte. Mais si on met tous ces petits prélèvements bout-à-bout, ça chiffre vite … et une fois habitué à un logiciel spécifique, difficile de changer ses habitudes.

La presse

Les journaux ne vendent plus de papier : la diffusion dans les kiosques est en chute libre, et le paquet est mis sur le numérique. Pour celui ou celle qui veut se tenir informé.e, l’heure des choix arrive vite. Chaque titre propose sa propre offre, souvent alléchante au début (les 2 ou 3 premiers mois pour 1 ou 2€), promet du sans engagement… et au bout de quelques mois, on se retrouve à payer une dizaine d’euros à l’un, à l’autre, pour accéder finalement aux quelques articles qui nous intéressent.

À ce stade, je me dis que, tant pis, je vais en résilier un ou deux. Au pire, si je veux VRAIMENT lire un article, y’a bien un copain ou une copine qui me le passera vite fait et ça ira. Tu parles, Charles. Je suis piégé! Alors que la souscription a pris en tout et pour tout quelques minutes, me voilà parti à la recherche d’un formulaire de résiliation enfoui dans les tréfonds du site, que je dois imprimer, remplir, signer de mon sang et renvoyer par recommandé avec accusé de réception. De quoi décourager les plus farouches volontés de désertion.

Du coup, une fois le combat de la résiliation gagnée, j’hésite franchement à y retourner. Je pourrais parfois reprendre un mois ou 2, parce qu’on rentre dans une période ou l’info est importante (élections, crises …) et me dire que je résilierai un peu plus tard. Mais envisager même ce genre de parcours du combattant pour arrêter de payer, et donc ne plus avoir accès aux articles, me décourage d’avance. Et on se retrouve avec les mêmes problèmes qu’avec les logiciels. Celui qui veut lire Libé, Le Monde et l’Obs se retrouve vite à verser une dîme d’une bonne trentaine d’euros, et continuera à baver devant les articles d’autres magazines susceptibles de l’intéresser, mais sans pouvoir y avoir accès.

J’avoue qu’un Netflix de la presse serait une offre tentante. Les éditeurs pourraient y déposer leurs articles, ou une sélection, que l’abonné pourrait consulter (pourquoi pas avec une durée limitée). On peut envisager un système ou l’abonné disposerait d’un nombre de jetons pour le mois, et où chaque article serait accessible en échange de 1, 2 ou plusieurs jetons (en fonction de sa longueur, du travail fourni). Ça permettrait à la fois une plus grande visibilité de l’information et de rémunérer ceux qui la font.

Je ne suis pas un défenseur du tout-gratuit, loin de là. Les créateurs doivent être rémunérés et pouvoir vivre de leur métier, qu’ils soient musiciens, scénaristes, acteurs, réalisateurs, développeurs, journalistes … mais les poches des abonnés ne sont pas extensibles non plus !

AbonnementMontant
Spotify (abo familial)14,99€
Netflix (2 ecrans – HD)11,99€
Le Monde – tout numérique9,99€
Libération9,99€
Ulysses – logiciel de rédaction5,99€
Stockage iCloud – 200 Go2,99€
TOTAL55,94 €/mois
Récap’ mensuel des trucs qu’on voit pas passer !

*C’est gratuit, sans engagement, il y a juste à renseigner votre mail 😉

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2 thoughts on “Abonnez-vous*

  1. la vache : 56€ par mois ? c’est ce qu’il me faut pour manger pendant 2 semaines. Sinon une remarque : les articles COVID de la presse US : hors paywall par choix pour informer, en France : PAYEZ PAYEZ ! le + LOL ce sont les tribunes grotesques d’eternels signataires .. en version abonnés des journeaux. Depuis que je suis au RSA j’ai zappé tous les abonnements que j’avais , et au final je suis tout autant informé : un coup de google news, un article qui parle d’une étude : hop google trouve la moi. Et comme je lis beaucoup de trucs scientifiques, j’évite la presse française remplie d’incultes. Et la presse politique en France ? pour un « chien libéral » « zemouriste de gauche » comme moi ? y’a rien qui m’interresse surtout en mode « leçon donnée » (je deteste) et si comme tu le dis on commence à 1€ par mois (en 2 clics) pour lire des trucs qui sont creux et qu’il faut envoyer une LRAR pour resilier comment dire ? Toute cette presse devrait faire un truc de micro-paiement , pour lire un « numéro » ou un article sans payer le mois d’abonnement.

  2. Le problème pour moi c’est surtout la presse.
    Pour la musique, un seul abonnement suffit (Deezer dans mon cas), pour la vidéo on s’en sort avec Netflix et Amazon Prime (qui n’est pas vraiment payant).
    Pour la presse, entre les quotidiens, les hebdomadaires, certains sites web d’informations, impossible de payer partout pour avoir accès à l’information.
    Je ne sais pas si un abonnement général sera un jour possible, mais au moins des partenariats entre médias pour faire baisser la note.

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