Municipales à Nice : le grand comparatif des candidats au second tour

Ce dimanche se tiendra (enfin) le second tour des élections municipales à Nice et dans quelques 5000 communes françaises. Le facteur m’a livré aujourd’hui les professions de foi des 3 finalistes. Petit tour d’horizon

1. Christian Estrosi (LR) : le supermotard

Le sortant se représente pour un troisième mandat, après avoir brièvement interrompu le second pour cause de présidence de Région. Et encore, interrompu officiellement, puisqu’on ne voyait que le Premier Adjoint Estrosi dans les médias.

Ex-champion de moto, Christian Estrosi a grandi politiquement dans l’ombre de Jacques Médecin, dont l’amour de sa ville était tellement important qu’il en confondait les caisses avec son portefeuille personnel. Pas de ça chez le sortant, mais on retrouve la même appétence pour les projets dispendieux (stade – à moitié vide – en partenariat Public-Privé, tunnel de tram’ estimé à pas loin d’un milliard d’euros de dépenses, dette municipale et métropolitaine par habitant parmi les plus élevées de France).

Il se distingue aussi par une certaine versatilité idéologique : ex-défenseur de l’identité niçoise (rappelez-vous des drapeaux étrangers interdits durant certaines manifestations, des youyous trop bruyants à la sortie de la salle des mariages), il s’est progressivement mué en progressiste au fur et au à mesure de la montée d’Emmanuel Macron, au point que LREM n’a pas osé investir de candidat contre lui.

Enfin, son côté beau-parleur lui a permis de rallier certaines figures de la gauche locale … au point de bientôt refonder une amicale des motards au Conseil Municipal

2. Philippe Vardon (RN) : le super-patriote

Face au sortant, un candidat au lourd passé. (Ex?) militant identitaire, déjà condamné pour violences, Philippe Vardon essaie de gagner une certaine respectabilité, en pourfendant les pistes cyclables et en fustigeant en permanence tout ce qui ressemble de près ou de loin à une menace pour l’identité niçoise (surtout d’ailleurs si c’est musulman). On voit régulièrement fleurir ses tweets indignés parce qu’il a vaguement entendu un appel à la prière (bizarrement les cloches des églises ne le dérangent pas), ou qu’il a vu quelques pauvres hères prier dans la rue, faute de place dans des mosquées qu’il se refuse à voir construire …

Face à l’échec sécuritaire du sortant, il nous promet encore plus de répression, plus de caméras, plus de police, là où Nice est déjà richement dotée (première police municipale de France en effectif par nombre d’habitants, première ville en nombre de caméras au kilomètre carré …).

Enfin il se veut le défenseur des automobilistes, en dénonçant l’extension des pistes cyclables créées au détriment des places de stationnement et des doubles-files si caractéristiques de notre centre-ville. Bien évidemment, pas un mot sur le social, alors que Nice manque cruellement de logements sociaux. Bref, un candidat RN comme on les aime (ou pas).

3. Jean-Marc Governatori (AEI-EELV) : l’écolo-riche

Ex-vendeur de meubles en kit et déboiseur de forêts (via les enseignes Fly et Basika), le désormais millionnaire Governatori s’offre le grand frisson d’une énième campagne électorale. Après avoir rallié les quelques militants écologistes niçois, et avoir réduit le chômage en salariant (en contrats précaires) ses distributeurs de tracts (sur papier recyclé quand même), le voilà aux portes de son premier mandat.

Après diverses candidatures sans rencontrer le succès, il appelle en 2010 Brigitte Bardot à se porter candidate à l’élection présidentielle. Il soutiendra Christian Estrosi aux régionales de 2015, en négociant en échange la présidence d’un institut doté de 30 millions d’euros de budget, qui ne verra finalement pas le jour. Il a d’ailleurs relancé une proposition similaire pour cette municipale.

Enfin, pour couronner le tout, il a été épinglé par le quotidien local pour une affaire de location d’appartement insalubre et attaqué le journal en diffamation. On sent chez lui l’amour de la liberté de la presse et du droit d’information des électeurs. Mais c’est le prix à payer pour voir pousser des patates sur les trottoirs niçois.

Verdict

Je me suis toujours déplacé pour voter, parfois même pour des candidats qui ne me plaisaient guère. Dans ce cas, on sait le résultat plié d’avance, certains peuvent même s’étonner qu’un second tour soit nécessaire (il n’a manqué au sortant que peu de voix pour passer au premier tour, son ancien premier adjoint s’étant offusqué du virage « progressiste » pris par le candidat-maire et du coup ayant présenté une liste concurrente vite éliminée). Le candidat RN ne présente aucune menace, et les choix portés par des écolos naviguant au gré du vent ne me séduisent guère. Aussi, je sacrifierai un morceau de papier blanc immaculé ce dimanche.

Je ne reviendrai pas sur les choix désastreux de la gauche locale, qui conduisent aujourd’hui près de 15.000 électeurs au silence pendant les 6 prochaines années. Une grande partie de notre énergie devra être consacrée à renouer les liens par trop distendus, et se mettre en capacité de proposer aux électeurs une réelle alternative – en espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard …

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